Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 14:23

Depuis plusieurs dizaines de générations, pour les Français, le pain est la base de l'alimentation. Au fil des siècles il est devenu un symbole fort. On dit "gagner son pain à la sueur de son front, ôter le pain de la bouche, le pain des pauvres, franc comme du bon pain, avoir du pain sur la planche, faire passer le goût du pain, manger son pain blanc, je ne mange pas de ce pain là"  etc.…

Quand j'avais cinq ans, mon père travaillait très tôt et ma mère exploitait, seule, une petite épicerie. Deux fois par semaine elle se rendait au marché central en poussant une voiture à bras pour ravitailler son magasin en légumes frais. C'était une femme particulièrement courageuse. Nous avions pour voisin un boulanger avec qui elle échangeait des services de bon voisinage. Les jours de marché, à six heures du matin, elle me confiait au boulanger qui me prenait avec lui dans le fournil. J'en ai gardé en premier lieu des souvenirs olfactifs de la pâte qui est pétrie et qui lève, du pain brûlant qui sort du four à bois à l'ancienne, et des images du boulanger qui ouvre le four et qui, avec sa longue pelle en bois, en sort les pains odorants. C'est un métier noble, qui produit une nourriture noble. C'est un métier dur qui commence tôt dans la nuit et qui propose peu de repos, c'est un métier de couple car l'épouse doit assurer la vente et rester souriante en dépit de son emploi du temps chargé, c'est en résumé un métier très astreignant.

Il faut veiller à la qualité des approvisionnements car la qualité du pain dépend de la qualité de la farine et du levain. L'organisation de notre économie ne le permet pas toujours car un minotier peut avoir un monopole de fait et le boulanger n'a pas la liberté du choix.  D'autre part les contraintes fiscales et d'exploitation oblige à resserrer les prix de revient et augmenter les cadences de production. Or,  faire lever la pâte demande du temps. C'est la raison pour laquelle, je pense, la baguette a maigri et maigrit de plus en plus au fil des années Les exigences de la productivité ne lui sont pas profitables. C'est donc un symbole qui rétrécit. Mais il ne rétrécit pas dans les mêmes proportions en fonction des régions.

Je me rends souvent dans le Midi, à la Grande Motte en particulier (je viens d'y passer trois semaines) où je connais trois boulangeries. Elles vendent, en saison, la baguette à des prix différents, 70, 75, 80 centimes. Ces baguettes sont plus longues, plus dorées et deux fois plus grosses que dans notre région.

Je n'ai pas d'explication particulière, mais compte tenu de la réputation de nos amis méridionaux,  je suppose qu'ils font la sieste pendant que la pâte lève.  

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Malesherbes-union
  • : Ce blog a été créé par un résistant authentique qui réfléchit sur les problèmes actuels et travaille pour améliorer la gestion locale et faire avancer les idées sur les questions économiques générales.
  • Contact

Recherche

Liens